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L'AAEE et IESF France

Posté par Justine Konopacki (Konopacki-lapersonne) le 19/04/2020


Suite à notre article publié le 27/02/2020 sur nos interrogations quant à la pertinence de l’adhésion de l’AAEE à Ingénieurs Et Scientifiques de France (IESF) j’ai eu l’occasion, en tant que présidente de l’AAEE, d’échanger avec Jean Dambreville, Délégué Général de IESF France.

Le problème de l’adhésion à IESF France pour les petites associations d'alumnis est un sujet récurrent. Nous ne sommes pas les seuls à nous interroger sur l’intérêt d’adhérer à IESF France. Je vous propose un compte-rendu concis de nos échanges ; et tiens à remercier M. Dambreville pour sa disponibilité et la qualité des réponses fournies.


La cotisation à IESF France et l’offre IESF


La cotisation à IESF France d’un montant de 500 euros a un impact non négligeable sur notre budget, et nous ne percevons toujours pas le retour sur investissement.
Le montant de la cotisation correspond actuellement au montant de celles que nous percevons de nos adhérents. IESF a déjà fait un geste en 2019 en réévaluant le montant des cotisations, merci à eux. Ce montant de 500 euros a été réduit à 450 euros. Malgré cette baisse, nous continuons de nous interroger sur l’intérêt d’adhérer à IESF France ; cette somme est toujours aussi conséquente pour nos finances.
Comme beaucoup d’associations, le nombre de cotisations à l’année est en baisse.
En tant que petite association, notre principal attrait à IESF concerne la mise à jour du Répertoire National de l’Ingénieur (RNI).

IESF France et IESF régionales


L'idée de base des instances régionales est de regrouper des associations d'anciens de différentes écoles afin d’avoir une cotisation à IESF France qui est mutualisée. Ces instances locales devaient permettre aux petites associations de continuer à suivre l'actualité de IESF France tout en évitant de payer une contribution trop forte pour elles.
Toutefois il s'est avéré que les instances régionales sont des entités bien distinctes de IESF France.
Le manque de communication et/ou la mauvaise communication a mis un bonne partie des associations d’alumni dans le flou le plus total.
Typiquement, une association d’alumni qui cotise à l’entité régionale (et ne cotise plus à IESF France) ne peut pas ajouter les nouveaux diplômés dans le RNI mais peut, par l’intermédiaire de l’instance régionale, le faire si celle-ci en a les moyens humains.

Notre intérêt à adhérer à IESF Bretagne est maintenant dans leurs mains. En effet, cette entité régionale a « théoriquement » possibilité d’ajouter les nouveaux diplômés mais faut-il encore qu’elle soit au courant de cette possibilité et de comment réaliser ces opérations. Nous dépendons donc d'un intermédiaire régional qui peine à communiquer, comme les instances homologues, avec IESF France.

IESF et les réunions des présidents


Un des principaux problèmes des réunions concerne les horaires et le manque de visio-conférences organisées pour pouvoir assister aux réunions à distance.
Les horaires des réunions IESF sont en effet inadaptés pour des présidents d'associations d'alumni qui ont une activité professionnelle : il y a de façon récurrente des réunions de travail en semaine à partir de 15h. Or, ces rendez-vous ne peuvent être tenus par des membres d'associations d'alumni qui ont une activité salariée à plein temps.

Abordons maintenant l’organisation de visio-conférences qui est un problème phare à IESF France. Certains membres décisionnaires de IESF sont réfractaires aux réunions organisées par visio et n'ont pas l'automatisme de considérer les intervenants hors région parisienne. Cette situation ne permet d'aucune manière de faire avancer pleinement l’association.
Le délégué général essaye de favoriser l'utilisation de "nouvelles technologies" lors des réunions IESF et désire pleinement, comme nous autres, d'améliorer la situation : en vain pour le moment !

Les actions IESF


Promouvoir le métier de l’ingénieur


Concrètement IESF ne peut pas financer les initiatives d'étudiants.
Le projet EPE Ada Lovelace s’est vu refuser une demande d'aide financière en 2019 alors que de projet entre pleinement dans le cadre des actions menées par IESF.

Quand aux interventions dans des établissements scolaires (collèges, lycées), il y a assez peu de détails sur les territoires concernés.
De manière générale, lorsque nous voulons des métriques précises sur les activités de IESF nous n'en avons pas ou alors uniquement avec un grain d'information très grossier. Ce point n'a pas été abordé lors de notre échange


L’enquête ingénieur


Un des plus gros postes de dépense d’IESF, d'où le fait qu'il soit payant pour nous si nous désirons obtenir un grain d'information précis.

Le Registre National des Ingénieurs (RNI)


Pour le RNI il y a deux tendances visibles pour IESF France :

  • Les petites association d'alumni (comme la notre) qui souhaitent absolument mettre à jour le RNI avec les nouveaux diplômés

  • Les grandes associations d'alumni (Centrale, Polytech, Télécom…) qui ont leur propre annuaire qu'ils vendent aux entités de recrutement... Dans ce cas, le RNI IESF France est un bon concurrent puisqu'il est gratuit ! Ces associations d'anciens ont donc décidé de supprimer l'ensemble de leurs diplômés de la base du RNI IESF France.


À côté de cela, le gouvernement est en train de proposer un registre national des diplômés. Ce projet date d'il y a deux ans : actuellement les diplômés BAC, CAP ont été ajoutés au registre. Ce registre est mis à jour petit à petit, nous pourrions espérer avoir les diplômés ingénieurs d'ici 5 ans (voir plus).

L'équivalence généralisée du diplôme d'ingénieur Français


Le système Labellis proposé par IESF permet d'avoir une équivalence de grade Master of Science aux Etats-Unis, Canada et Australie… Cependant, tout ancien de l'Enssat peut demander à l'Université de Rennes 1 d’obtenir une équivalence Master : ce qui revient à la même chose que ce que propose IESF France avec Labellis.

Finalement ?



L'échange avec M. Dambreville, qui fut riche et intéressant, confirme les doutes que nous avions concernant leur utilité ainsi que leur capacité à répondre à nos besoins.

Cependant nous ne pouvons que constater amèrement que IESF ne donne plus l'impression d'être une association capable d'être présente sur le terrain et de montrer qu'elle peut rester à jour, ce qui renforce un sentiment de distance vis à vis des petites associations d'alumni.
Les Journées Nationales de l'Ingénieur ne donnent pas assez de visibilité à nos évènements ; et nous n'avons aucune métrique pouvons montrer le contraire.
Le Registre National des Ingénieurs est concurrencé de toutes parts ; et encore une fois nous ne pouvons que constater le manque d'informations précises sur son usage. Qui le consulte ? Pour quels profils ? De quelles écoles ? A quels moments ?
Le projet Labellis ne représente aucun intérêt, a priori, pour nous ou l'école.
Quand a un quelconque soutient financier ponctuel nous ne pouvons compter sur l'association.
En considérant l'impact budgétaire que la cotisation représente, plus que jamais le doute sur son intérêt est permis. Nous nous refusons des postes de dépenses gaspillés ainsi qui auraient pu être mobilisés ailleurs.


Loin de nous l'idée de transformer chaque exercice de communication concernant IESF en diatribe à son encontre, nous ne souhaitons pas voir cette distance vis à vis d'elle se transformer en défiance.
Ainsi cette situation compliquée me motive d'avantage à m'impliquer personnellement, en tant que présidente de l'AAEE auprès des instances de IESF. J'espère pouvoir rejoindre son conseil décisionnel afin de pouvoir contribuer à l'amélioration de la situation.
Dans le même temps nous nous rapprochons de IESF Bretagne pour envisager d'autres solutions à nos problèmes.


Justine Konopacki - Présidente de l'AAEE